Les plantes amères : des alliées insoupçonnées pour notre santé
Souvent détestées pour leur goût, les plantes et les aliments amers sont pourtant de précieux alliés pour notre santé. Découvrons ensemble leurs secrets et leurs nombreuses propriétés.
« Je n’aime pas ce qui est amer ! »
Ne pas apprécier l’amertume est tout à fait naturel. Ce goût déclenche chez nous un véritable réflexe de survie, inscrit dans nos gènes. En effet, de nombreuses plantes toxiques présentent une saveur amère.
Notre langue possède d’ailleurs plus de 20 récepteurs spécifiquement dédiés à la perception de l’amertume. Et ce phénomène est particulièrement marqué chez les enfants : plus on est jeune, moins on tolère généralement les saveurs amères.
La « valeur amère »
Sans entrer dans les détails chimiques, la valeur amère permet de classer les plantes selon l’intensité de leur amertume, des plus amères aux moins amères.
Parmi les grandes plantes amères, on retrouve notamment la gentiane, l’absinthe, les feuilles d’artichaut ou encore les racines de pissenlit.
Autrefois, les préparations à base de plantes amères étaient considérées comme de véritables remèdes. Les pharmaciens étaient notamment habilités à préparer et à vendre des produits sous l’appellation de « toniques amers ».
L’amertume thérapeutique
Lorsqu’elles sont utilisées de manière adaptée et à des doses appropriées, les plantes amères peuvent présenter de nombreuses propriétés intéressantes.
Des alliées du foie et de la digestion
De nombreuses plantes traditionnellement utilisées pour soutenir les fonctions hépatiques, comme le chardon-Marie, l’artichaut, le desmodium ou le pissenlit, sont naturellement amères.
Certaines sont cholagogues, c’est-à-dire qu’elles favorisent l’évacuation de la bile en stimulant la contraction de la vésicule biliaire. D’autres sont cholérétiques, ce qui signifie qu’elles favorisent la production de bile par le foie.
Ces actions peuvent contribuer au bon fonctionnement de la digestion et à un transit intestinal plus régulier.
Elles stimulent la digestion
Les plantes amères possèdent également une action apéritive et digestive.
Par exemple, quelques gouttes de teinture mère de gentiane prises avant un repas sont traditionnellement utilisées pour stimuler les sécrétions digestives.
On pourrait dire, de manière imagée, qu’elles permettent d’« allumer le feu digestif ».
C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines plantes amères entrent dans la composition de nombreuses liqueurs digestives et de certains apéritifs, comme la Suze, élaborée notamment à partir de gentiane.
Des plantes traditionnellement considérées comme toniques
Les plantes amères sont également réputées pour leur effet tonique.
Cette sensation peut s’expliquer en partie par la réaction de notre organisme face à certaines substances amères, qu’il identifie comme potentiellement irritantes ou étrangères. Cette stimulation peut entraîner une augmentation temporaire de certaines fonctions métaboliques, donnant une sensation de dynamisme et d’énergie.
Un intérêt pour l’équilibre de la glycémie
Certaines recherches s’intéressent également au rôle des substances amères dans la régulation de la glycémie et de la sensibilité à l’insuline.
Les plantes amères pourraient ainsi présenter un intérêt dans le cadre d’une alimentation équilibrée et d’une bonne hygiène de vie.
Un coup de pouce contre les envies de sucre
Les saveurs amères peuvent également contribuer à moduler l’appétit et les envies alimentaires.
Par exemple, la consommation de certains agrumes amers ou particulièrement riches en composés amers (pomelo par exemple) peut contribuer à diminuer l’envie de saveurs sucrées chez certaines personnes.
Et même pour la peau !
Plus récemment, la recherche s’est intéressée à l’existence de récepteurs aux substances amères au niveau de la peau.
L’activation de ces récepteurs pourrait notamment agir sur les kératinocytes, les principales cellules de l’épiderme, et participer à certains mécanismes liés au métabolisme cellulaire et à la réparation cutanée.
Ces découvertes ouvrent des pistes intéressantes dans le domaine de la dermatologie. Certaines formulations cosmétiques et dermatologiques intègrent aujourd’hui des substances amères dans le but de contribuer au confort des peaux très sèches ou fragilisées, notamment dans certaines problématiques comme l’eczéma atopique ou le psoriasis.
Alors, faut-il réhabiliter l’amertume ?
Longtemps considérée comme une saveur désagréable à éviter, l’amertume mérite peut-être finalement une autre place dans notre alimentation et notre approche de la santé.
Gentiane, pissenlit, artichaut, agrumes amers… autant de plantes et d’aliments qui nous rappellent que ce qui est bon pour nous n’est pas toujours ce qui a le meilleur goût !
L’amertume pourrait bien être l’un de ces goûts que notre organisme a intérêt à redécouvrir.